
La fraude au président est une escroquerie où un appelant se présente comme le dirigeant ou un fournisseur. Il demande un virement urgent et confidentiel vers un compte qu'il contrôle. On la rattache aux faux ordres de virement (FOVI). Pour les équipes comptables et de trésorerie, la parade tient en une règle : aucun virement imprévu ni changement de RIB sans validation indépendante.
Cet article décrit un scénario type, les variantes, la procédure de double validation et les phrases à dire à l'appelant.
Cybermalveillance.gouv.fr définit l'escroquerie aux faux ordres de virement comme une arnaque qui vise à faire réaliser un virement non planifié. Elle utilise la persuasion, les menaces ou diverses pressions. Quand la demande est présentée comme émanant d'un dirigeant, avec un caractère « urgent et confidentiel », on parle d'arnaque au Président.
La fiche précise que cette escroquerie est généralement réalisée par téléphone, par messages électroniques, ou par les deux. Elle concerne tous les types d'organisation. Le compte bancaire de l'escroc est souvent situé à l'étranger.
Dans son rapport d'activité 2025, Cybermalveillance.gouv.fr relève que les fraudes au virement s'intensifient (+170 %). Elles se sont étendues à la facturation électronique et à la gestion de la paie.
Voici un scénario construit pour illustrer le mécanisme. Il ne décrit aucun cas réel.
Imaginons une comptable fournisseurs, un vendredi à 16 h 30. Son téléphone sonne. L'appelant se présente comme le directeur général, en déplacement : « Je suis en rendez-vous confidentiel, une acquisition est en cours. J'ai besoin d'un virement aujourd'hui, avant la clôture de la banque. Je vous envoie les coordonnées par courriel. »
Il ajoute : « Ne parlez-en à personne, y compris au directeur financier. Je compte sur vous. » Quelques minutes plus tard, un courriel arrive avec les coordonnées bancaires et un faux accord.
Tous les leviers sont réunis :
Ces ressorts sont analysés dans notre article sur les leviers de l'ingénierie sociale.
La fiche de Cybermalveillance.gouv.fr décrit deux autres déclinaisons.
Le faux fournisseur est souvent plus discret que le faux président. L'appel est banal : « Nous avons changé de banque, voici notre nouveau RIB. » Rien n'est urgent, rien n'est confidentiel. C'est la routine qui endort la vigilance.
Dans certains cas, la fraude fait suite au piratage de la messagerie de la personne usurpée, ce qui rend l'échange très crédible. Le téléphone sert alors à confirmer la demande, en s'appuyant sur des informations réelles.
La fiche recommande une procédure de validation hiérarchique interne non dérogeable. Elle vise les demandes de virement imprévues et les changements de coordonnées bancaires. Voici une façon de la décliner.
La CNIL recommande de son côté de contacter par téléphone ou en personne les contacts connus de l'entreprise qui effectue la demande. Elle conseille aussi de rappeler régulièrement les procédures aux équipes, car une règle oubliée n'est plus appliquée.
Le contre-appel est le geste central. Il est expliqué en détail dans notre article sur la procédure de rappel par un canal indépendant.
Aucun de ces signaux ne prouve la fraude. Ensemble, ils justifient de passer en mode vérification.
La CNIL décrit le même schéma côté messagerie : une demande urgente, prétendument validée en haut lieu. Le domaine ressemble souvent à celui de l'entreprise.
Ce n'est pas un manque de compétence. Le comptable qui reçoit l'appel est placé dans une position inconfortable. Il doit refuser un dirigeant, risquer de retarder une opération stratégique et décider seul. L'escroc exploite précisément cette peur de mal faire.
La confidentialité demandée est la clé du dispositif. Elle empêche la victime d'en parler à un collègue, qui aurait peut-être reconnu l'arnaque en trente secondes. Une règle simple en découle : toute demande qui interdit d'en parler doit être partagée avec son responsable.
Pour que cette règle tienne, la direction doit la dire clairement. Un message du type « personne dans l'entreprise, moi compris, ne peut vous demander un virement hors procédure » protège les équipes. Il leur donne une autorisation de refuser avant même que l'appel ne survienne.
La difficulté est sociale. Il est délicat de refuser à un dirigeant, surtout au téléphone. La règle doit donc donner à l'employé une phrase qui ne remet pas la personne en cause.
« Pour tout virement hors procédure, je dois faire une double validation. Je vous rappelle dans cinq minutes sur votre ligne habituelle. »
« Je comprends l'urgence. La règle s'applique à tous les virements, et elle a été fixée par la direction. »
« Pour un nouveau RIB, j'ai besoin d'une confirmation écrite et d'un appel à votre contact habituel. »
Un dirigeant authentique approuve ces phrases, puisqu'il a signé la procédure. Un fraudeur proteste, flatte ou menace. Notre article sur comment dire non au téléphone sous pression développe ces techniques.
Chaque heure compte. Cybermalveillance.gouv.fr recommande les gestes suivants.
Pour savoir quoi retenir de l'appel pendant qu'il a lieu, voir notre grille de signalement d'un incident de sécurité.
Une procédure écrite ne garantit pas qu'elle sera appliquée sous pression. L'employé qui entend « le directeur général » au bout du fil agit autrement qu'au moment de lire la consigne. La pratique orale comble cet écart.
Avec Face Up, un formateur écrit le scénario à partir de ses cas réels. L'apprenant parle à un persona qui joue le faux dirigeant, avec ses relances, et doit appliquer la procédure en direct. Le débriefing restitue ses propres phrases. Il peut rejouer jusqu'à tenir le refus. Cette approche est décrite dans notre guide de la sensibilisation cybersécurité.
Dans le premier cas, l'escroc usurpe un dirigeant et crée l'urgence. Dans le second, il usurpe un fournisseur et demande un changement de RIB, souvent sans urgence apparente. Le résultat est identique : un virement vers un compte de l'escroc.
Elle est efficace si le second validateur contrôle réellement la demande par un canal indépendant. Si les deux personnes se fient au même courriel ou au même appel, la double validation devient un simple tampon.
Oui. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, l'escroquerie est passible de cinq ans de prison et de 375 000 euros d'amende. La tentative est punie des mêmes peines (articles 313-1 et 313-3 du Code pénal).
Pour faire répéter cette procédure à vos équipes de trésorerie et de comptabilité, demandez une démonstration de Face Up.
Passez de la lecture à la pratique.
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